
La descente est vertigineuse: tout en haut j'attends mon tour. Je sais que je n'ai aucune chance d'en sortir vivant mais à quoi bon, si je suis là c'est qu'il doit y avoir une raison. On m'avait prévenu, la pente est glissante, si je continue je ne vais pas pouvoir m'arrêter à temps, trop tard! j'entend des voix, un éclair traverse mes yeux, ou suis-je? j'ai envie de m'endormir, je suis fatigué, et cette voix qui me dis tenir bon...
C'est fini: l'horizon lisse que laisse apparaitre l'écran du moniteur se suffit à elle-même pour annoncer l'heure du décès: 16h36. Tant mieux, je passerais une bonne nuit au frais. Je les observe, me disant qu'ils n'ont encore rien compris, que cette civilisation défaillante est sur le déclin.
Déjà remplacé: Sur l'écran l'image d'une femme et d'un homme en train forniquer sauvagement m'insupporte, et me soulage. Je peux rentrer maintenant.
Le voyage: Vers la nébuleuse du crabe je croise un vaisseau plein d'enfants qui font le chemin inverse. Je vais retrouver La Lumière, le manque m'a terrassé des années durant et lors de ma dernière réincarnation déjà j'espérais plus que tout ce moment. On y est presque, une comète a fait le détour pour me tenir compagnie. La lumière se fait plus intense, déjà les première effluves. Je vais enfin pouvoir retrouver mon rêve, ma naissance.
Retour au bercail: Pas d'arrivée triomphale, les retour se font en permanence ici, je me dirige instinctivement vers mon nid. Il est comme j'en rêvait depuis des siècles. Mieux! Je vais enfin pouvoir me ressourcer, dormir et méditer sur ces 345 années passées sur cette planète et attendre ma prochaine mission.
"L'évolution ne connait pas la marche arrière"
Boris Cyrulnik.